Dans le cadre de la politique de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, la commission de
réflexion a étudié la manière dont l’image de la femme était représentée dans les médias. Devant le constat d’un décalage entre le rôle et la place reconnus aux femmes dans la société et les
stéréotypes qui lui sont assignés, la commission s’est attachée à comprendre pourquoi et comment l’image de la femme dans les médias souffrait d’un tel décalage.
La télévision, la radio, la presse et la publicité ont été analysées par des chercheuses spécialisées en
sémiolinguistique. Les travaux se sont également appuyés sur l’audition de professionnels des médias, d’institutionnels, d’associations et de chercheurs spécialisés dans les médias. Enfin, des
comparaisons ont été menées avec des expériences faites dans d’autres pays.
Les grands axes privilégiés par la commission correspondent aux "trois enjeux fondamentaux de la modernité des
femmes" :
l’accès au travail et au savoir ;
l’articulation des vies professionnelles et familiales et le soin des enfants ;
le rapport au corps et au désir.
"Invisibles" et "inaudibles"
En conclusion, malgré des avancées notables, les femmes demeurent souvent, selon les mots du rapport,
"invisibles" ou "secondaires" dans les médias. Selon la commission, le taux des femmes dans les médias est de 37 % (enquête CSA). La commission a aussi relevé que les femmes ont moins de temps
de parole que les hommes. "En libre antenne, les femmes ont 7 % de temps de parole sur NRJ, pour 93 % pour les hommes", fait valoir Michèle Reiser dans un entretien donné, le 25 septembre dans
Le Parisien. Autre exemple, en presse écrite hebdomadaire, 10 % d’articles sont consacrés aux femmes contre 50 % aux hommes qui font aussi l’objet de trois fois plus de
photos.
Les propositions d’actions
Toujours selon Michèle Reiser, bien "qu’en grande partie inefficace", "l’arsenal législatif est déjà abondant"
Le Parisien. Privilégiant le dialogue et la pédagogie, la commission qu’elle préside, préconise des pistes d’actions :
Création d’une mission d’observation et de suivi des stéréotypes féminins
Elle sera chargée de suivre les avancées réalisées sur la base d’un rapport annuel des responsables des médias. Un correspondant sera désigné dans chacun des médias afin d’établir un contact
pérenne.
Inscription d’une analyse des stéréotypes féminins dans le cadre de l’éducation aux médias menée par l’Éducation nationale
La politique de prévention et de sensibilisation est un enjeu important. Un volet de décryptage des stéréotypes dans les médias sera intégré dans la Convention interministérielle pour la
promotion de l’égalité entre les filles et les garçons.
Lancement d’un projet de monitorage des médias au niveau européen
Dans le cadre de la PFUE, lancer un projet européen pour analyser les messages et images télévisuels, à l’instar du projet "screening gender" lancé par la Finlande en 1998.
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